top of page
terrabella, solutions d'adaptation fondées sur la nature

Retour sur le webinaire terrabella × makesense du 5 février 2026

  • 27 févr.
  • 5 min de lecture
Retour sur le webinaire terrabella × makesense du 5 février 2026 par terrabella



" Comment VINCI Facilities Alsace a transformé son site de Strasbourg grâce aux solutions fondées sur la nature et à la mobilisation participative de ses équipes."




Le 5 février dernier, nous avons organisé avec makesense un webinaire d'une heure sur un sujet qu'on entend de plus en plus souvent dans les couloirs des directions RSE et facility management : comment adapter concrètement un site d'entreprise aux effets du changement climatique — sans que ça reste un projet sur une slide ?

Pendant 60 minutes, Noémie Fitterer (responsable environnement chez VINCI Facilities Alsace), Hervé Dupied-Bokx (co-fondateur de terrabella) et Héloïse de Bokay (Club des Communautés, makesense) ont partagé ce qui fonctionne, ce qui coince, et ce qu'ils referaient différemment.

80 % de la ville de 2050 est déjà construite

C'est le chiffre qui plante le décor. On ne construira pas l'adaptation climatique depuis zéro sur des parcelles vierges. Elle se fera sur des bâtiments existants, des parkings bitumés, des espaces verts maintenus en pelouse tondue, des toitures imperméables.

Cette réalité a une implication directe : les solutions d'adaptation ne peuvent pas être purement techniques. Elles doivent s'intégrer dans des usages existants, dans des habitudes de travail, dans des contraintes budgétaires et opérationnelles que personne d'autre que les occupants du bâtiment ne connaît vraiment.

D'où l'idée centrale de la méthode terrabella : la technique définit la cible, la communauté ancre les solutions.

Adaptation ou atténuation : ce n'est pas la même chose

Avant d'aller plus loin, une distinction qui revient souvent dans les échanges et qui mérite d'être posée clairement.

L'atténuation, c'est tout ce qu'on fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre — isolation, décarbonation des process, mobilité bas carbone. C'est indispensable, et la plupart des grandes entreprises y travaillent déjà.

L'adaptation, c'est autre chose. C'est se préparer aux effets qui sont désormais inévitables : les canicules plus longues, les épisodes de pluie intenses, la hausse des températures de surface. L'objectif n'est pas d'éviter l'ingérable, c'est de gérer l'inévitable.

Sur un site industriel ou tertiaire, cela se traduit concrètement : comment est-ce que je protège mes collaborateurs de la chaleur ? Comment est-ce que je gère le ruissellement ? Comment est-ce que je préserve le confort d'usage de mes espaces dans 10, 20, 30 ans ?

Les solutions d'adaptation fondées sur la nature (SafN) — végétalisation, désimperméabilisation, création de zones humides, jardins-forêts — sont particulièrement adaptées à ces enjeux parce qu'elles sont multi-risques par définition. Un jardin-forêt régule la température, absorbe l'eau, développe la biodiversité, et crée un espace de convivialité. Rarement une solution technique peut se targuer de faire tout ça à la fois.

Le cas VINCI Facilities Alsace à Strasbourg : ce qui s'est vraiment passé

Noémie a partagé le retour d'expérience du site strasbourgeois de VINCI Facilities Building Solutions Alsace : environ 10 000 m², une équipe de 90 personnes dont 30 présentes sur site au quotidien, deux risques prioritaires identifiés — le confort thermique en été et la gestion des précipitations.

Le site avait quelques atouts : un sol sain (anciennement jardin partagé), une équipe managériale convaincue, et une intention claire de faire du lieu un showroom de l'adaptation — un endroit où VINCI Facilities pouvait tester les solutions avant de les proposer à ses propres clients.




Trois ans plus tard, voilà ce qui a changé :

2 000 m² de pelouse transformés en jardin-forêt comestible. 

Les espèces poussent, les équipes se sont approprié l'espace, et la parcelle gère maintenant une partie du ruissellement que les canalisations absorbaient avant.

Une mare végétalisée de 50 m²,

devenue selon les mots de Noémie "le cœur de l'espace". La vie y est apparue en trois jours. Pas de problème de moustiques — les prédateurs naturels s'en sont chargés. Trois ans après sa création, la mare est autosuffisante. Zéro entretien.

Une spirale aromatique en libre accès,

autour de laquelle des échanges de street food ont spontanément émergé au printemps. Grenouilles et canards col-vert observés par les équipes. Ces petites choses-là, elles comptent.

Deux premières expérimentations d’utilisation du végétal pour créer de l’ombre à des bureaux orientés plein sud qui deviennent des fours l’été, malgré la rénovation globale du bâtiment faite récemment.

Ce que Noémie referait différemment ? Commencer plus tôt à structurer l'équipe cœur. L'élan participatif des premiers chantiers a besoin d'un cadre pour durer — on y revient.

La méthode en quatre temps

La méthode terrabella s'organise en quatre étapes. Pas pour le plaisir de mettre des chiffres dans une présentation, mais parce que chaque étape a une logique propre.


Le cas VINCI Facilities Alsace à Strasbourg avec terrabella
Crédit image : terrabella, Vinci Facilities Alsace

Étape 0 — Diagnostic. 

On identifie les menaces climatiques auxquelles le site est exposé (chaleur, précipitations, vents…), on cartographie les vulnérabilités (enveloppe bâtiment, systèmes techniques, usages, parcelle), et on en déduit les priorités. Des outils comme Tardigrade permettent d'automatiser une partie de ce travail de diagnostic.

Étape 1 — Co-conception. 

C'est le cœur du dispositif. Des ateliers participatifs avec les occupants du bâtiment — pas pour faire joli, mais parce qu'ils sont les experts de leurs propres usages. Qui sait mieux que l'équipe de production que telle zone du parking est transformée en four à partir de juin ? Cette expertise de terrain est irremplaçable. Elle alimente le plan guide d'adaptation.

Étape 2 — Chantiers participatifs. 

La mise en œuvre se fait avec les équipes, pas juste devant elles. Sur le site de Strasbourg, une soixantaine de personnes ont participé au moins une fois. Le secret ? Des créneaux courts (1 à 2 heures maximum), des tâches précises, du matériel adapté, et une préparation pédagogique soignée. On ne demande pas aux gens de devenir jardiniers — on leur donne une expérience concrète et réussie.

Étape 3 — Maintenance et animation. 

La question qu'on remet souvent à plus tard et qui détermine pourtant tout le reste. Comment est-ce qu'on maintient l'énergie dans la durée ? Chez VINCI Facilities Alsace, un paysagiste partenaire assure la maintenance régulière, et un noyau dur d'une dizaine de personnes anime l'espace au quotidien. Ce noyau représente environ 5 % de l'effectif — c'est la norme dans tout groupe humain. On ne cherche pas à avoir tout le monde dans l'équipe cœur. On cherche à bien structurer le noyau pour qu'il irrigue le reste.

Structurer l'engagement dans la durée


Structurer l'engagement dans la durée

Héloïse de Bokay a apporté au webinaire un angle complémentaire : celui de la construction de communautés d'action en entreprise.

Ce qu'elle observe dans les organisations, c'est qu'un projet participatif peut très bien démarrer avec de l'élan et s'essouffler faute de structure. La mobilisation, ça ne s'improvise pas — ça se pense, ça se scénarise, ça se maintient.

Chez VINCI Facilities Alsace, deux types de publics ont nécessité deux approches distinctes. Les équipes de bureau ? Des inscriptions volontaires, sur des créneaux libres dans la journée. Les équipes opérationnelles ? Les chantiers participatifs ont été intégrés directement dans leurs réunions d'équipe. Pas d'invitation optionnelle, pas de "si tu veux et si t'as le temps" — une intégration dans le flux de travail existant.

Le résultat : une fois que les gens avaient participé une première fois, ils avaient compris l'intérêt. L'effet d'entraînement se met en place naturellement — mais seulement si la première expérience est bien conçue.

Pour les organisations qui veulent structurer ce type de démarche, makesense accompagne les équipes RSE et RH via son Club des Communautés, des diagnostics rapides, des formations et des ressources comme leur livre blanc sur les ambassadeurs RSE.

Hervé, Noémie, Héloïse et Vincent — pour terrabella et makesense.

 
 
bottom of page